A la fin de l’été 2026, le STATEC a actualisé ses projections macroéconomiques à moyen terme pour le Luxembourg. Avec la perspective de l’élaboration du futur budget de l’État en vue, l’institut statistique prévoit une croissance du PIB en 2026, ainsi qu’un redressement progressif de l’emploi au sein du Grand-Duché, tandis que l’inflation resterait relativement stable jusqu’en 2030, malgré des risques accrus liés aux marchés énergétiques internationaux.
Le STATEC prévoit que le Luxembourg va renouer avec une croissance graduelle de son économie. Les chiffres indiquent que le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 1,2% en 2026, et les prévisions annoncent une hausse de 1,9% en 2027, pour atteindre 2,3% en 2028. À court terme, ce sont les exportations de services financiers qui portent cette timide reprise grâce à des marchés boursiers plutôt favorables. Toutefois, ce potentiel de croissance reste affaibli comparativement aux moyennes historiques, ce qui limite la résorption des déséquilibres accumulés au cours des dernières années.
Dans ce contexte positif mais modéré, le marché du travail luxembourgeois s’adapterait avec un léger décalage selon ces mêmes prévisions. L’emploi progresserait ainsi de 1,7% en 2026 et cette hausse dépasserait les 2% d’ici 2028. Cependant, ces nouvelles créations de postes profiteraient dans un premier temps davantage aux travailleurs frontaliers qu’aux résidents. Par conséquent, le taux de chômage continuerait sa légère progression pour s’établir à 6,3% en 2026 et 2027, avant de refluer vers 5,4% à l’horizon 2030.
Du côté des prix à la consommation, l’inflation générale se stabiliserait à 1,8% pour 2026, avant de remonter à 2,1% en 2027. Ce reflux initial est rendu possible par le Resilienzpak, un dispositif réduisant artificiellement les prix de l’énergie. Les rémunérations restent cependant dynamiques. Comme l’a montré l’activation de l’index au 1er juin 2026, le coût salarial moyen continue de croître pour préserver le pouvoir d’achat.
L’ensemble de ces projections reste néanmoins suspendu aux tensions énergétiques mondiales. Les prévisions du STATEC se basent sur un baril de Brent à 83 dollars américains en 2026 selon les analyses d’Oxford Economics. Une détérioration grave de la géopolitique au Moyen-Orient pourrait faire bondir ce prix à 163 dollars. Un tel choc dégraderait fortement la croissance tout en relançant durablement la hausse des prix au sein du pays.
Dans le contexte que l’on connait, avec son lot d’imprévisibilités et de mouvements brusques alternant calme et tempête, la projection du STATEC présente donc un visage d’optimisme particulièrement modéré pour ne pas dire très prudent, adapté à la situation.
En cette rentrée 2026, ces prévisions sont à mettre en perspective avec d’autres études récemment publiées : Perspectives de l’emploi frontalier : IA, big Four et vague de départs à la retraite, à lire en cliquant ici.
(1) STATEC : Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché de Luxembourg, administration placée sous l’autorité du ministère de l’Économie qui indique produire et diffuser ses données en toute neutralité.



